Mondial 2026: à Boston, la ferveur des Américains n'est pas au rendez-vous

Mondial 2026: à Boston, la ferveur des Américains n'est pas au rendez-vous — Sport | Versia.media

À Boston, des supporters écossais présents, mais les Américains restent en retrait. La Coupe du monde est quasiment invisible.

Publié le : 15/06/2026 - 19:21 Mis à jour le : 15/06/2026 - 20:48

De notre envoyé spécial à Boston,

Dès que l'on pose le pied à Boston, une particularité saute aux yeux des habitués du Mondial : à l'aéroport, aucune promotion de l'événement n'est visible, contrairement aux habitudes. Pour parcourir les 50 kilomètres séparant le centre-ville des 60 000 places du « Boston Stadium », il faut prévoir une bonne heure de route, même sans embouteillages. Sur l'autoroute, aucun panneau publicitaire ne fait la promotion de la Coupe du monde. Aux abords du stade, qui appartient avant tout aux New England Patriots, l'équipe mythique de NFL ayant remporté le plus de Super Bowl de l'histoire, la signalétique de la Fifa reste discrète. Au total, Boston accueille sept matchs.

Dans la capitale du Massachusetts, une fan zone existe bien, mais elle est « ridiculement petite », selon un supporter écossais. Installée sur la City Hall Plaza (place de l'Hôtel de Ville), elle diffuse deux ou trois rencontres par jour pendant la phase de poules, jusqu'au 27 juin.

À quelques minutes à pied de là, dans le charmant parc Boston Common, face à l'hôtel de l'équipe de France, les familles se promènent sans se préoccuper du Mondial. On se demande si Mbappé ou Dembélé pourraient s'y promener incognito.

« Si les États-Unis vont loin dans la compétition, l'engouement sera peut-être plus fort »

Autre décor, mais toujours pas d'ambiance. Dans la petite ville de Brookline, à vingt minutes en voiture du centre de Boston et lieu de naissance de John Fitzgerald Kennedy, il est également impossible de trouver la moindre trace d'un éventuel Mondial aux alentours, à l'exception des supporters écossais logés dans les hôtels de l'avenue Beacon Street qui traverse la ville.

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Il faut une chance incroyable pour réaliser qu'une Coupe du monde a lieu ici. À part croiser le barbier du quartier, originaire du Maroc, qui arbore fièrement le maillot des Lions de l'Atlas, peu de gens s'intéressent au football. En levant les yeux, un habitant a accroché un drapeau du Brésil à son balcon. Du jamais vu.

Par chance, nous avons rencontré un jeune père qui ira voir France-Norvège à Foxborough, plus par « curiosité » que par « intérêt », admet-il spontanément. « Le foot n'est pas le sport le plus populaire ici, explique-t-il, un bébé dans les bras et sa sœur dans la poussette. Si les États-Unis vont loin dans la compétition, l'engouement sera peut-être plus fort. Vous savez, nous sommes très patriotes, c'est pour cela que nous avons beaucoup soutenu l'équipe féminine qui a gagné des titres. Pas parce que nous sommes fous de foot. » Et d'ajouter : « Ici, les gens s'énervent très vite de voir les joueurs tomber au sol et faire semblant d'être mourants. Et surtout, rester 90 minutes devant un écran pour voir un seul but, ce n'est pas dans notre culture. »

Dans le quartier, les restaurants et les bars diffusent les matchs. Mais la clientèle habituelle ne vient pas pour cela. Le contraste avec les éditions russes de 2018 et qatariennes de 2022 est frappant.

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