
Finaliste malheureux du championnat nord-américain de basket-ball avec les San Antonio Spurs contre les New York Knicks, Victor Wembanyama, 22 ans, a encore impressionné cette saison. Mais le Français de 2,24 m devra attendre un peu avant de décrocher sa première bague NBA.
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De notre correspondant à San Antonio (États-Unis),
Quand les larmes de bonheur remplaceront celles de la frustration, Victor Wembanyama se souviendra sans doute de ces laborieuses finales NBA. Ultra dominant pour sa 3e saison dans la ligue nord-américaine de basket-ball, « l’Alien » français de 22 ans et de 2,24 m a été coupable d’erreurs de jeunesse contre les New York Knicks, sacrés 53 ans après leur dernier titre . « Je n’étais pas prêt à gagner une bague », lâchait le numéro 1 de la draft 2023 quelques minutes après la défaite des siens, samedi dernier. « Il y a trop de moments où je suis passif, trop de moments où je n’ai pas le contrôle que j’aimerais avoir sur le jeu. Et ça nous coûte. »
Battus en cinq manches par Jalen Brunson et sa bande, les San Antonio Spurs, pourtant en tête durant 72 % du temps de jeu sur l’ensemble de la série face à la franchise new-yorkaise, devront encore patienter avant d’accrocher une sixième bannière de champions NBA au plafond du Frost Bank Center.
« Ce qui m’énerve, c’est qu’il y a probablement une centaine de matchs à jouer avant qu’on puisse revenir en finale », soufflait le natif du Chesnay (Yvelines) après avoir reçu « la plus grande leçon de [sa] vie » par les Knicks. « Je ne sais pas comment le dire en anglais, mais je vais devoir vivre avec ça, essayer de ralentir, d’attendre et de bien faire les choses pendant les 100 prochaines recontres. »
Pas encore la même aura que le « Big Three » des Spurs
La patience, dont il semble ici parler, n’a jamais fait partie du vocabulaire de la nouvelle coqueluche du basket mondial. Car à mesure que les victoires s'accumulaient, les Spurs se sont mis à rêver. Rêver très grand, et même d’un premier titre depuis 2014. « L’inexpérience est une force pour nous. On peut réaliser l’impossible parce qu’on ne sait pas que c’est impossible », espérait-il au micro d’ESPN, avant ses premières finales NBA.
De prophétie, il n’y eut. Ces finales perdues laisseront sûrement des cicatrices, mais elles pourraient aussi constituer une étape essentielle dans la construction d’un champion et renforcer sa motivation à décrocher le Graal.
Arrivé dans une franchise en reconstruction il y a trois ans, Victor Wembanyama a toutefois replacé San Antonio sur la carte de la NBA à vitesse grand V. Et c’est peut-être là sa plus grande victoire de la saison : avoir ramené les Spurs en playoffs après sept années de disette. Personne, ou presque, n’imaginait alors les voir aller jusqu’en finales NBA.
Il y a encore peu, l’horizon texan était chargé de nuages. La succession du légendaire Gregg Popovich occupait les esprits, tandis que Victor Wembanyama reconnaissait avoir « eu peur de ne plus jamais pouvoir jouer au basket » après sa thrombose veineuse à l’épaule droite en février 2025, l’ayant tenu éloigné des parquets toute la deuxième partie de saison. L’an dernier, les Spurs terminaient à une triste 13e place de la conférence Ouest (34 victoires - 48 défaites), avant de finir 2es cette saison (62 victoires - 20 défaites).
« Cette équipe nous a redonné des émotions qu’on pensait ne plus ressentir avant longtemps »
« Il n’y a pas si longtemps, on pleurait parce que les Spurs étaient la risée de la NBA avec une série noire de 18 défaites consécutives (en novembre et décembre 2023, ndlr) et aujourd’hui, on pleure parce que les Spurs ont perdu en finales NBA », souffle Wanda Garcia, 54 ans, avec une coiffe à l’effigie du Français, dans les travées du Frost Bank Center après la défaite. « Il faut se rendre compte du chemin parcouru : cette équipe nous a redonné des émotions qu’on pensait ne plus ressentir avant longtemps. »
Élu défenseur de l’année à l’unanimité pour la première fois en NBA et troisième dans la course au titre de meilleur joueur de la ligue, Victor Wembanyama a encore réussi à surprendre son monde. Hormis une entame de saison un poil poussive, jonchée de plusieurs pépins physiques, le Français a rapidement trouvé son rythme de croisière et confirmé qu’il appartenait déjà à l’élite de la NBA. Ses statistiques (24,6 points, 11,2 rebonds et 3,2 contres lors des 87 matchs qu’il a disputés, playoffs et NBA Cup inclus) ne suffisent pourtant pas à mesurer l’impact réel du phénomène tricolore. Au-delà des chiffres, c’est sa capacité à changer le visage d’une équipe qui impressionne : sa simple présence transforme la défense des Spurs, oblige les adversaires à adapter leurs plans de jeu et donne une nouvelle dimension à San Antonio.
« La saison qu’il a faite est phénoménale, on finit presque par prendre ce qu’il fait pour acquis », note Tom Orsborn, journaliste historique du quotidien local, le San Antonio Express-News . « Le plus impressionnant, c’est qu’il ne fait que commencer : il est encore en pleine construction. Et c’est effrayant pour ses adversaires de savoir qu’il va devenir encore meilleur en progressant physiquement et en apprenant toutes les subtilités du jeu. »
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