Coupe du monde 2026: quatre «irrésistibles» retraités dans la roue de l'équipe de France

Coupe du monde 2026: quatre «irrésistibles» retraités dans la roue de l'équipe de France

Alain, Dominique, Bruno et Laurence, quatre retraités membres du groupe de supporters « les Irrésistibles Français », ont traversé l’Atlantique pour suivre les Bleus pendant quarante jours si la France va en finale de la Coupe du monde. Budget prévu : entre 8 000 et 9 000 euros.

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De notre envoyé spécial à New York,

Retraités, mais loin de la pause. À 73 ans, Alain sourit en coin lorsqu’il lâche la phrase qui résume son présent : Depuis que je suis en retraite, je profite. À ses côtés, Dominique, Bruno et Laurence forment avec lui un carré compact, une petite cellule au cœur de la grande famille des Irrésistibles Français, ce club de supporters qui se poste systématiquement derrière les buts pour faire monter l’ambiance, à domicile comme à l’extérieur.

Ils ne se connaissaient pas il y a encore quelques années. Le point de bascule, c’est le Qatar. Une agence de voyages les regroupe par hasard dans le même appartement. Quatre inconnus, un calendrier saturé de matchs, et très vite un rituel : petit-déjeuner à quatre, transports à quatre, stade à quatre. Ils vont ensemble jusqu’à la finale. Quand le tournoi s’achève, quelque chose a changé. L’idée de se quitter semble presque contre nature. Alors ils décident de remettre ça : Euro 2024 en Allemagne, puis Coupe du monde aux États-Unis.

Laurence raconte cette trajectoire avec la précision de celle qui tient les fils logistiques. Elle connaît ainsi les chiffres de son groupe de supporters, les Irrésistibles Français, par cœur : On est à peu près 2 000 adhérents. Là, il y aura environ 600 personnes qui viendront au moins à un match, et on est 70 à faire toute la Coupe du monde. À l’autre bout de la phrase, Alain rappelle que ce sera sa quatrième Coupe du monde. Avant la retraite, l’agenda professionnel l’attachait au sol. Maintenant, c’est le calendrier des Bleus qui donne le tempo.

Le quatuor s’inscrit dans l’aventure des Irrésistibles, mais garde son propre récit. Bruno, lui, arrive avec son histoire de club : Supporter du PSG. Grand club français, on peut le dire. Il avoue sans détour être plus centré sur le PSG que sur l’équipe de France , même si la Russie reste pour lui un sommet émotionnel. Il était à Budapest, à Munich, à ces finales européennes où l’on ne repart plus bredouille.

Dominique, lui, regarde devant. Il parle de cette Coupe du monde des Bleus avec une assurance tranquille : Je suis confiant, assez confiant. Vu l’effectif qu’il y a dans l’équipe, à mon avis, on va aller loin. Dans sa voix, on entend autant l’expérience du supporter que celle de l’homme qui a vu des générations de joueurs défiler. La Russie, où la France a soulevé le trophée, reste pour lui le souvenir cardinal. Vivre une Coupe du monde, et son équipe qui gagne, c’est magique , glisse-t-il.

Le fil commun de ces quatre fans est bien sûr le football comme première passion. L’un d’eux a joué, longtemps, avant de faire carrière dans la restauration. Aujourd’hui, il n’est plus derrière les fourneaux, mais derrière les buts avec la panoplie complète du parfait supporter.

Retraités, célibataires, sans enfants, les quatre ne connaissent pas trop les contraintes familiales et scolaires : Au Qatar, c’était en fin d’année et en période scolaire, donc pas évident pour tout le monde , rappelle Laurence – mais eux se sentent libres de bouger.

Ce sentiment de liberté se matérialise en miles américains. Leur Coupe du monde américaine sera en même temps un road trip. New York, Philadelphie, Washington, Boston : ils ont décidé de suivre la même boucle que l’équipe de France, qui a fini en tête de son groupe. Mais ils ne s’empêcheront pas des sorties de route comme les chutes du Niagara, La Nouvelle-Orléans et d’autres lieux posés sur la carte comme autant de respirations hors stade.

Alain connaît déjà l’Ouest américain : Je vais découvrir l’Est , dit-il simplement. Dans le groupe, certains mettent pour la première fois le pied aux États-Unis. L’appréhension, s’il y en a, se dissout rapidement dans le projet collectif.

Un projet qui a un coût. Quarante jours loin de chez soi, des vols, des nuits d’hôtel, des déplacements intérieurs, des billets de match : ils ont budgétisé leur passion et l’addition se chiffrera entre 8 000 et 9 000 euros chacun, si la France va jusqu’en finale. Un investissement assumé. On profite , dit Bruno.

Le groupe des quatre trace sa route, dans la roue des Bleus, en espérant boucler le périple sous une nuit étoilée le 19 juillet prochain, jour de la finale de la Coupe du monde. En attendant, on passe de très très bons moments , se réjouit Laurence. Aux Bleus de faire encore durer le plaisir pour ces irrésistibles…

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