MMA: Benoît Saint-Denis en route vers la ceinture contre Paddy Pimblett

MMA: Benoît Saint-Denis en route vers la ceinture contre Paddy Pimblett

Benoït Saint-Denis affronte l'Anglais Paddy Pimblett dans la nuit de samedi à dimanche à Las Vegas. Il s'agit d'un tournant pour « BSD », qui vise toujours la ceinture de champions de l'UFC chez les -70kgs. Une victoire le propulserait dans le cercle très fermé de ceux qui peuvent prétendre à cette ceinture. L'occasion de faire le point sur ce combat, sa carrière, sa vie. Entretien.

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RFI : Cela vous est arrivé assez rarement dans votre carrière de prendre quelques mois de pause après un combat. Vous ressentez les bienfaits d'un rythme plus tranquille ?

Benoît Saint-Denis : Ouais, physiquement et mentalement, ça a été plus que bénéfique. Je me suis senti bien dans ma préparation. Ça m'a permis d'avoir une préparation complète, d'avoir un peu plus de temps pour soigner mes blessures, pour être en forme et être performant le jour J. Physiquement, je me sens très bien.

Peut-être que ça vous a permis de voir une nouvelle façon de travailler, moins dans l'urgence, avec le temps pour s'attarder sur des détails techniques, sur la préparation physique...

Oui, forcément, on a plus de temps pour développer la machine, donc pour travailler sur l'endurance fondamentale, la force, la puissance, la vitesse... Les qualités athlétiques, on peut les travailler un peu plus parce que les camps d'entraînement et les pertes de poids ne s'enchaînent pas. On peut laisser le côté purement combat, ce qui permet de travailler d'autres axes.

Est-ce qu'il y a des combats que vous avez refusés durant cette période de repos ?

Le seul combat où on a eu une proposition, c'était contre Michael Chandler. J'avais encore des pépins physiques et j'avais aussi vraiment envie de relancer un camp d'entraînement sans blessure, en prenant du plaisir. Et ce n'est pas l'adversaire qui m'excitait le plus en termes d'enjeux sportifs. C'était facile de refuser.

« Il faut se méfier parce que Pimblett est très opportuniste »

« Il faut se méfier parce que Pimblett est très opportuniste »

Savoir prendre une pause quand c'est nécessaire, c'est une preuve de votre prise de maturité en tant que combattant ?

Il y a deux facteurs. Oui, je pense qu'il y a une certaine prise de maturité d'un côté. Mais il y a aussi le fait que plus on est classé haut à l'UFC, moins il y a d'opportunités de combat. Les combats sont des événements à gros enjeux et qui demandent aussi de grosses préparations pour être là le jour J de manière optimale.

Paddy Pimblett, votre adversaire, est réputé pour son jeu au sol avec ses soumissions dangereuses. Dans ce domaine, vous avez plutôt un style d'usure, de pression, pour faire mal à l'adversaire. Pensez-vous avoir l'avantage sur lui là-dessus ?

Il faut se méfier parce qu'il est très opportuniste et il a un sol dangereux. Il faut être très vigilant et intelligent dans ses actions, chercher les bons choix, ne pas faire d'erreurs qu'il pourrait exploiter. Mais je peux le dominer au sol, ça fait partie de mes points forts à moi aussi.

Une belle victoire pourrait vous propulser vers une chance pour la ceinture de champion...

Pimblett est le dernier à avoir combattu pour la ceinture de champion intérimaire contre Gaethje et, malgré la défaite, il avait quand même fait un bon combat. Surtout que Gaethje, c'est le mec qui a mis K.-O. Topuria ensuite pour devenir champion. Donc clairement, c'est un gros fight, le vainqueur aura de belles opportunités. Mais il ne faut pas que je regarde vers l'avant, mais plutôt ce que j'ai en face de moi. Et mon objectif c'est de faire la meilleure performance possible samedi soir.

« Je le respecte totalement et j'ai hâte de prouver que je suis meilleur que lui »

« Je le respecte totalement et j'ai hâte de prouver que je suis meilleur que lui »

La dernière fois que vous avez combattu dans ces hauteurs-là du classement, c'était contre une légende de ce sport, Dustin Poirier (en mars 2024, défaite par K.-O. au 2e round). Avez-vous vraiment l'impression que Poirier et Pimblett sont du même calibre ?

Poirier, je l'ai combattu dans d'autres dispositions, à un autre moment dans ma carrière [depuis, Benoît Saint-Denis a changé de coach, NDLR]. Mais clairement, c'est un grand combattant, Pimblett. Le mec est pro depuis qu'il a 17 ou 18 ans, un peu comme Poirier d'ailleurs.

Donc c'est un mec qui a beaucoup d'expérience, qui a déjà fait beaucoup de combats en 5 rounds [le format réservé aux combats principaux d'une soirée ou pour une ceinture de champion, NDLR] et a déjà fait des grosses guerres. Donc je le respecte totalement et j'ai hâte de prouver que je suis meilleur que lui.

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Où le classez-vous dans les combats les plus durs de votre carrière ?

Je ne sais pas... je ne peux pas faire de classement tant qu'on ne s'est pas affrontés. Ça va dépendre du combat. Donc s'il y a une grosse guerre ça sera sûrement un des plus durs de ma carrière. Mais c'est ça qu'on est venu chercher aussi, l'adversité. Donc j'ai hâte d'être en face de lui.

Vous aurez 31 ans en décembre, combien d'années pensez-vous encore pouvoir maintenir un gros rythme de combat avec un style aussi agressif dans la cage ?

Ça dépendra du physique, de l'état d'esprit... peut-être 5 à 10 ans. On voit que la moyenne d'âge des champions est autour de 33 ans maintenant. Il faut de la maturité pour être champion dans ce sport, donc il ne faut pas lâcher l'affaire.

Préparer la fin de carrière, c'est un sujet que vous abordez déjà avec votre entourage, votre manager, votre famille ?

Non... enfin un tout petit peu. Mais pas de manière très sérieuse, juste sur des projets, sur des visions du futur. Mais il s'agit plus de projets pour ma famille et mes enfants que pour moi.

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